Conférences sur la Reconnaissance (Pratyabhijñā)
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Ou le site du CIPh
Programme de la première année - de mars à juin 2011
Des pensées sans penseur ?
Polémiques sur l'identité personnelle
dans l'Inde au XIe siècle
La querelle du Soi (ātman) est la problématique centrale des philosophies de l'Inde. D'un côté, les tenants du brahmanisme pensent qu'il y a un Soi qui organise les pensées, ainsi qu'un Soi "suprême" (un Dieu) qui agence le monde. De l'autre, les Bouddhistes soutiennent qu'il n'y a nulle part un tel Soi en dehors de l'imagination des ignorants, pas plus qu'il n'existe une quelconque intelligence créatrice.
Parmi les formes qu'a revêtue cette controverse, celle mise en scène dans les textes de la Reconnaissance (pratyabhijñā) est sans doute l'une des plus aboutie, notamment à cause de sa capacité à inventer des concepts ou à donner un sens inédit à de vieilles notions. Ce programme est une recherche qui s'appuie sur le texte fondateur de cette philosophie (Les stances pour la reconnaissance). Il a deux objectifs. Premièrement, comprendre cette pensée en éclairant les auteurs auxquels elle s'oppose tout en récupérant leur concepts, d'une part, et d'autre part en proposant des comparaisons avec des problématiques, des thèses et des arguments de la tradition occidentale. Deuxièmement, il va s'agir de critiquer les thèses et les arguments de la Reconnaissance en évaluant les réponses aux objections formulées dans le texte, mais aussi en formulant des objections nous-mêmes, nous inspirant pour cela des pensées contemporaines. En bref, notre questionnement est le suivant : D'où viennent les organisations que nous observons en nous et hors de nous ? Y a-t-il un organisateur de tout cela, ou bien l'ordre émerge-t-il spontanément ?
Cette première année sera consacrée à une lecture de l'exposé de la thèse centrale de la Reconnaissance laquelle, en cinq stances, nous permettra notamment de nous interroger sur les questions suivantes : La Reconnaissance est-elle une philosophie ou une théologie ? Faut-il choisir entre recherche de la vérité et aspiration à une certaine forme de salut ? Peut-on dire que la conscience existe ? Est-elle une chose ? Peut-on connaître notre conscience ? Et comment connaît-on celle d'autrui ?
Programme de la deuxième année - année 2011-2012 : automne 2011
Des pensées sans penseur ? Polémiques sur le statut du sujet dans le Cachemire du Xe siècle (II) - Les objections bouddhistes et la question de la mémoire
Après avoir présenté en bref le projet philosophique de la Reconnaissance (pratyabhijñā), nous allons pénétrer cette année dans le labyrinthe dialectique qui oppose les partisans du Soi à leurs adversaires bouddhistes. En effet, la Reconnaissance estime que pour asseoir sa doctrine du Soi, il est nécessaire de formuler puis de réfuter les doctrines qui l'ont précédé. Les objections jouent ainsi un rôle essentiel. Sans elles, la pensée de la Reconnaissance n'aurait aucune raison de se développer.
Cet exposé des objections bouddhistes sera pour nous l'occasion d'explorer le contexte philosophique de la Reconnaissance et de repérer son originalité. Les penseurs bouddhistes, tels Dharmakīrti, tiennent qu'il n'existe aucune sorte d'identité, ni dans les personnes, ni dans les choses : c'est la célèbre thèse du "non Soi". Dans cette perspective d'une radicalité singulière, toutes les généralités construites par l'entendement sont réduites à de simples constructions sans rapport avec le réel.
Mais surtout, à travers l'exposé des objections bouddhistes, nous réfléchirons sur la doctrine du "non Soi" et ses implications. Pourquoi le bouddhisme s'est-il toujours opposé à toutes les formes de brahmanismes, malgré leur grande diversité ? Pourquoi la Reconnaissance leur offre-telle une telle tribune ? Nous nous efforcerons d'évaluer l'intérêt de la pensée bouddhiste sur l'identité. Jusqu'à quel point une pensée aussi radicale est-elle tenable ? Et n'y y a-t-il pas une réelle contradiction à affirmer que tout discours est faux ? Le bouddhisme peut-il échapper au paradoxe de la contradiction performative ? Comment une pensée qui dénonce la pensée peut-elle s'élaborer ?
Durant le second semestre, nous étudierons le début de la réponse de la Reconnaissance au défi bouddhiste. Cette réponse est d'un grand intérêt dans la mesure où elle s'appuie sur les thèses bouddhistes au lieu de simplement les réfuter. Par ailleurs, comme l'argument de la mémoire est au cœur de la doctrine du Soi, nous allons voir comment la Reconnaissance reprend cette thèse brahmanique, mais d'une manière profondément originale et qui intègre les objections bouddhistes.
Archives des conférences
Première année (printemps 2011) - La Réconnaissance
Séance 1
Pour le texte traduit, voir plus bas le lien vers la traduction intégraleEcouter la séance 1
Ou sur France Culture
Séance 2
Textes traduits 2
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Séance 3
Textes traduits 3
Ecouter la séance 3
Séance 4
Textes traduits 4
Ecouter la séance 4
Voir aussi la traduction intégrale du commentaire d'Abhinavagupta au premier chapitre des Stances pour la reconnaissance
Deuxième année (2011-2012) - Une théorie sans théâtre ?
Textes pour les séances 5 et 6Séance 5
Ecouter la séance 5Séance 6
Ecouter la séance 6
Traductions et nouveautés
Textes traduits du sanskrit
- Le Jeu de la manifestation consciente
- L'Exorde au tantra de la Suprême, souveraine des trois Puissances
- Dix stances sur l'âme identique à Shiva
- La Liberté de la conscience
- Le grand Arcane des Parfaits
- La Lumière des tantras (VI-VII)
- L'Essence des tantras (VI-VII)
- La Méditation sur les stances pour la Reconnaissance (II, 1)
Publications
- Les stances pour la reconnaissance du Seigneur
- Le Coeur de la Reconnaissance
- Le profane comme accès au sacré chez Abhinavagupta
- Abhinavagupta et la liberté de la conscience

