personnification de la conscience
omnisciente et patronne des arts. Selon l'iconographie
des textes de la tradition d'Abhinava, Sarasvatî est
identique à Parâ, la déesse "Suprême". Blanche comme la
lune et transparente comme le cristal, elle tient de son
bras inférieur droit un manuscrit contenant
l'enseignement de la Reconnaissance, tout
en faisant
le geste de la conscience (cinmudrâ), le pouce et l'index
se rejoignants. De ses deux autres bras (il en manque un
ici !), elle joue de la vînâ "à une seule corde"
(ekatantrî), la forme sans doute la plus ancienne de la
vînâ. Sur cet instrument à corde pincées, on fait varier
la hauteur de la note avec un bâton de métal
ou de quelqu'autre matériau précieux, en le faisant simplement glisser,
sans même toucher le tube. Cette technique, que l'on retrouve avec
la vicitra vînâ moderne, permet de grands mouvements arrondis (glissandi), typiques
du chant classique indien.
Cette musique sacrée
s'est perpétuée au Moyen-Âge avec le genre
Dhrupad. La vînâ s'est modifiée peu à peu
: une nouvelle forme de vînâ, comportant
vint-quatre frettes et plusieurs cordes de
jeux, ainsi que plusieurs cordes rythmiques, est
apparue vers le quatorzième siècle. En voie
d'extinction vers la fin du XXième siècle, elle fût
sauvée de la disparition pure et simple par Zia
Mohiuddin Dagar, qui malheureusement décéda en 1990. Son
fils, ainsi que Philippe Bruguière perpétuent
sa musique, tout en lui imprimant leur marque
propre. Philippe Bruguière est également l'auteur d'un
excellent site sur cet instrument et sa musique :
www.rudravina.com
Voici,
enfin, quelque liens vers des enregistrements de rudra vînâ, de qualité assez
médiocre malheureusement. Mais d'excellents enregistrements sont audibles sur le site mentionné
ci-dessus où bien sur disques.
Cette musique, à la fois sobre et sensuelle,
recherche le maximum d'effets avec le minimum de moyens.
Son style résolument contemplatif veut exprimer
directement les émotions ressenties. La musique est
entièrement improvisée sur l'instant. L'instrument n'est
ici accompagné que par la tampurâ, autre instrument à
corde trés simple créant une sorte de fond sonore dans
lequel les notes de la Vinâ surgissent comme autant de
vagues.
Tout d'abord, un râga du matin. Un râga est
plus qu'un simple thème : c'est une véritable
entité musicale. Cependant, c'est aussi un thème
pictural. Ainsi Lalit décrit-elle (car les râgas ont un
sexe !) la tristesse d'une amante quittée à l'aube par
son bien-aimé :
Lalit Alap (777
kb/sec)
Todî,
quant à elle, est la description d'une jeune femme
jouant de la vînâ en pleine nature. Ses sons mélodieux
attirent les gazelles...:
Todi
Alap (777kb/sec)
Todi Alâp (56
kb/sec)
Todi II (56kb/sec)