L'attelier de traduction

Traduire, c'est trahir, dit-on. Ce labeur est pourtant indispensable. Mais il n'est jamais achevé. Le travail de traduction est une forme d'artisanat qui suppose une pratique quotidienne dans laquelle on explore les textes comme un apprenti se forme en formant les matériaux de son art. C'est un processus intellectuel, bien sûr, mais aussi organique, qui passe par la récitation, la lecture des textes à haute voix, la calligraphie. Un texte est comme une énigme qu'on laisse mûrir en soit. La solution, jamais parfaite, jamais définitive, est une hypothèse, une conjecture, une tension vers un sens. On recours souvent à des bricolages, des gloses. C'est une méthode par essais et par erreurs, un laboratoire de recherche, avec ses hauts et des bas.
Voici quelques textes traduits du sanskrit. Même si ce genre de lecture est difficile, voire laborieuse au début, elle offre un accès plus direct que les études ou essais "sur" le śivaïsme du Cachemire. Bien sûr, ces traductions ne sont que des essais. Outre les erreurs toujours possibles, elles incarnent une certaine interprétation, susceptible d'évoluer. Malgré tous ces défauts, il n'y a rien de plus précieux à offrir, sauf peut-être à écrire des livres plus personnels qui s'inspirent du śivaïsme du Cachemire.
Comme il s'agit là d'un attelier,  nous remanions sans cesse les traductions, proposant des versions nouvelles, que nous espérons meilleures.
Certaines sont publiées par des éditeurs. D'autres (voir en bas de page) sont accessibles gratuitement. D'autres, enfin, sont accessibles moyennant une contribution raisonnable qui aide cet attelier à vivre. Ces textes seront téléchargeables en format PDF, ou bien pourront être commandés en format papier.

 

Les Livres publiés

Les stances sur la Reconnaissance du Seigneur

avec leur glose, composées par Utpaldeva
Introduction, traduction et commentaire.
Editions de L'Harmattan, coll. Ouverture Philosophique, 2005

Il s'agit de la première traduction en français de l'oeuvre fondatrice de la philosophie de la Reconnaissance (pratyabhijñā).
Au Xème siècle de notre ère, au Cachemire, des philosophes ont défendu la thèse ­– inouïe – selon laquelle la conscience est Dieu au motif qu’elle est, comme lui, omnisciente et toute-puissante. S’ignorant elle-même, la conscience s’est aliénée dans le monde et dans les textes religieux dont elle est pourtant la source. En redécouvrant la conscience comme étant Dieu lui-même, l’homme peut se délivrer de toutes ses fausses identités et recouvrer sa toute-puissance native.

 

Au coeur des tantras 

Le Pratyabhijñāhṛdayam  de Kṣemarāja
Introduction et commentaires, traduction et notes.
Les Deux Océans, 2008

Ce texte présente l'essence de la philosophie de la Reconnaissance, mais pour un publique de non philosophes. L'auteur s'y adresse plutôt aux chercheurs spirituels en quête d'expérience. Chacun des 20 aphorismes est expliqué par l'auteur, puis commenté par David Dubois. Kṣemarāja fût l'un des plus proches disciples du plus célèbre maître du śivaïsme du Cachemire, Abhinavagupa. Il présente de manière concise les enseignement les plus ésotériques du Krama et du Trika à la lumière de la Reconnaissance.

 


Le profane comme accès au sacré dans la théologie d'Abhinavagupta



dans "Musique, sacré et profane".
Editions de la Cité de la musique
, pp. 99-125, 2007.

Petit article sur la dialectique du pur et de l'impur chez Abhinavagupta. La manière dont il conçoit l'expérience profane, notamment la musique, en fait un moyen d'accès privilégié au sacré.


 


Abhinavagupta et la liberté de la conscience


Editions Almora, 2010

Paru en mars 2010. Ce livre est une introduction à l'enseignement du plus célèbre maître du śivaïsme du Cachemire, Abhinavagupta, en mettant l'accent sur son message essentiel : la conscience est liberté absolue. La  quatrième de couverture :
Durant l'Âge d'or de l'Inde, le Cachemire fut le coeur vivant
du Tantra, ce vaste mouvement qui cherche à réconcilier
spiritualité et sensualité.
Ce livre est une introduction à l'enseignement du génie
le plus fulgurant du Tantra, Abhinavagupta (Xe siècle).
Il nous fait voir dans l’existence humaine le jeu de l’absolu
jouant à s’oublier dans les choses de ce monde pour ensuite
mieux s’y reconnaître. Abhinavagupta se donne corps et âme
à cette reconnaissance du Soi divin à travers les joies et les
misères de la vie quotidienne, partageant son expérience
paradoxale avec rigueur et vigueur, en mélangeant des registres
que l’Occident oppose. Chez lui, l’expérience et la théorie,
l’intellect et la vie, l’art et l’ascèse, la philosophie et la religion
se conjuguent pour réveiller la conscience libre depuis toujours,
mais assoupie dans ses habitudes mécaniques. Sa métaphysique
s’enracine toujours dans l’expérience. Maître de la parole,
Abhinavagupta n’oublie jamais de s’abreuver à la Source.
Sans moralisme, Abhinavagupta esquisse, au fil des extraits
présentés dans ce livre, une véritable voie d’exploration et de
célébration de la liberté. Loin de tout formalisme religieux ou
conceptuel, il joue de tous les registres du savoir disponible
en son temps pour s’émerveiller et entraîner son lecteur.
Cette oeuvre intéressera le chercheur d’aujourd’hui par sa
dimension universelle et pratique. Sans exotisme, sans
dogmatisme, elle va droit à l’essentiel. Chaque extrait proposé
veut être une ouverture possible vers l’essence de notre être.

Traduction et textes en format PDF ou papier


En préparation...

 



Nouvelle publication

Abhinavagupta et la liberté de la conscience
Paru aux éditions Almora en mars 2010. 

 

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Musique et Tantra

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